Domaine des Féraud
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Vin & Provence, une longue histoire

Avec l’accord de son auteure Isabelle Bono, nous avons choisi cet article paru en 2019 pour illustrer l’histoire du vin de Provence :

« Provence, aux racines du Rosé…

…On entend encore parfois ce mythe que le rosé serait un mélange de vin blanc et de vin rouge. Pourtant cette méthode est interdite, sauf en Champagne pour leurs magnifiques effervescents rosés. En nous plongeant dans l’histoire du vin, on découvre d’ailleurs qu’autrefois, le vin rouge n’existait pas ! En Provence comme ailleurs, on ne produisait que du blanc et du rosé.

En effet, aux temps anciens, le jus était extrait dès la fin du foulage aux pieds et n’avait pas le temps d’être coloré par les peaux des raisins noirs avant d’être stocké en amphore. Pendant des milliers d’années, le vin n’a donc pas dépassé la couleur rosée. L’histoire de la vigne est liée à celle du bassin méditerranéen où elle poussait déjà il y a plus d’un million d’années. Commerce et invasion répandent alors la connaissance du vin « clair » sur tout le pourtour de la Méditerranée. Dès 600 avant Jésus Christ, les Phocéens en apportent la culture dans leurs cales alors qu’ils fondent Marseille. Plus tard, au début de l’ère chrétienne, l’extension de l’Empire romain va répandre la viticulture en Gaule, en Espagne et jusque dans les régions septentrionales. Un vin restera rosé longtemps. Même les archives de Bordeaux font état d’une production de 87% de « claret » au Moyen-âge, contre à peine 13% de rouge et un blanc anecdotique. 

Le rouge ne se développera d’ailleurs qu’à partir de la fin du 17e siècle dans le bordelais. Les autres régions viticoles suivront pour répondre aux désirs de l’aristocratie européenne et fournir les travailleurs, pensant que plus le vin est sombre, plus il est nourrissant et leur donnera de la force !

Le seul terroir à résister et rester fidèle à ses vins rosés d’origine sera notre belle Provence. Les exportant peu, la révolution des congés payés en 1936 changera le destin de ses vins. Les grandes migrations estivales de vacanciers vers le littoral méditerranéen associent immédiatement le vin rosé à l’été festif, à la détente, au plaisir. Depuis, le rosé a gagné ses lettres de noblesse en s’améliorant un peu plus chaque année avec le savoir-faire unique de ses vignerons passionnés.

L’histoire a aussi construit un terroir exceptionnel. D’abord parcourue par les montagnes du massif Hercynien, dont le massif des Maures en est l’un des vestiges, la mer envahie la Provence il y a 300 millions d’années. Elle y déposât ces épaisses couches calcaires faites de plancton et coquillages de l’époque, qui plaisent tant à la vigne d’aujourd’hui. Il fallut ensuite, il y a 100 millions d’années, que les plaques tectoniques africaines et eurasiennes soulèvent des montagnes, des Alpes aux Pyrénées. La mer libère alors la Provence de ses eaux. Ces monts et barres calcaires créent des microclimats et sculptent le paysage que les viticulteurs apprivoisent en restanques de pierres sèches dès l’Antiquité. Depuis, la vigne n’a cessé de pousser en Provence…et le rosé de couler. »

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L’Appellation Côtes de Provence

L’Appellation d’Origine Contrôlée Côtes de Provence a été déclarée le 24 octobre 1977. Elle est de loin la plus grande région AOC du sud de la France avec plus des 20 000 hectares. Elle couvre les départements des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône et du Var où se trouve la plupart des vignobles et le Domaine des Féraud.

D’autres appellations tissent le paysage de la réputée viticulture provençale avec à l’ouest les appellations Coteaux d’Aix-en-Provence, Coteaux Varois en Provence et Palette ; à l’est de Marseille celles de Cassis et Bandol sur la côte méditerranéenne ; et Bellet près de Nice.

Le rosé représente 90% de la production des Côtes de Provence qui, avec ses 130 millions de bouteilles, soit 40% de la production française et 6% de la production mondiale des vins rosés. Quant aux rouges leur production est de 6,5% des vins en Provence, tandis que les blancs atteignent les 3,5%.

 

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Les vignes de l’appellation Côtes de Provencepoussent généralement sur des sols pierreux.

Sols et climats

La viticulture dans la région des Côtes de Provence bénéficie de la douceur du climat maritime. Le turbulent mistral qui souffle près de 150 jours par an, fournit régulièrement de l’air sec, garantit la bonne santé des vignes et garde à distance les maladies.

Le mistral souffle également sur les nuages permettant ainsi au soleil de briller plus de 3000 heures par an, un record en France ! Les sols généralement rocailleux de cette région viticole sont capables de stocker cette chaleur de façon optimale. La moyenne des précipitations de 600 mm se répartit entre l’automne et le printemps pour permettre une bonne régénération des vignes en hiver et une croissance des plantes au printemps. Les vignes bénéficient d’une floraison précoce et d’un été chaud, ce qui assure une parfaite maturation des baies. 

La chaptalisation (sucrage) du moût est non seulement interdite, elle est pour les vignerons de Provence, un mot profane.

Les vignes de l’appellation Côtes de Provence poussent généralement sur des sols pierreux, maigres et bien drainés, des conditions donc idéales pour produire de bons vins. Cela dit, on distingue deux types de sols fondamentalement différents : les sols calcaires dans le nord et les très vieux massifs de roche de schiste dans le Sud, près de la mer.