La lutte contre les champions de la reproduction
Des œnologues dangereux : les sangliers dans les vignobles
Comme si le dérèglements climatiques avec les canicules et les épisodes très violents de grêle, gel et sécheresse ne suffisaient pas ! En Provence et partout en France les vignerons sont confrontés à un autre fléau hors de contrôle : les sangliers.
Tous nous employées travaillant dans les vignes se sont déjà retrouvés face à ce omnivore qui est en effet un très bon œnologue. Souvent les sangliers détectent la parfaite maturité et vendangent que quelques jour plus tôt que notre équipe. Et ils adorent la Syrah !
Il a toujours été difficile d'estimer le pourcentage de la récolte que nous avons perdu au profit de ces gourmands, mais il s'est certainement situé entre 10 et 15 % en moyenne au cours des dix dernières années.
Depuis le Covid, alors qu'un couvre-feu a été imposé aux humains mais pas aux suidés, la situation s'est toutefois aggravée. Les clôtures électriques, qui constituaient la norme en matière de protection, ne sont plus suffisantes pour retenir les animaux sauvages, qui sont de plus en plus assoiffés.
D'autant plus que la nouvelle d'un point faible dans la clôture ou d'un système électrique défectueux se répand très rapidement parmi les sangliers.
Les chiffres publiés par les fédérations de chasseurs sont impressionnantes : autour de 900.000 sangliers ont été tué la saison de chasse 2024-2025 en France, soit 25 fois plus qu'au début des années 1970.
En France les sangliers provoquent plus de 20. 000 accidents de la route chaque année et… la population du sanglier triple chaque année !
Compte tenu de l’ampleur des défis posés par le changement climatique, nous ne pouvons plus nous permettre de subir des pertes contre lesquelles nous disposons, du moins en théorie, de moyens d’action.
Nous ne croyons pas non plus aux prévisions selon lesquelles les loups rétabliront un équilibre sain dans un avenir proche. Et les chasseurs causent eux aussi des dégâts dans les vignobles.
Que reste-t-il ?
Au cours des deux dernières années, nous avons décidé, dans la mesure du possible, d’installer des clôtures renforcées et galvanisées d’une hauteur de 1,5 mètre, ainsi qu’un grillage de protection de 60 cm de large s’étendant vers l’extérieur au niveau du sol – ce qui empêche les sangliers de creuser sous la clôture.
Le coût ? Environ 25 € par mètre linéaire.